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Qu’est-ce que la grossophobie ?

Au même titre que l’homophobie qui discrimine les homosexuels, la grossophobie ou “fat shaming” discrimine comme son nom l’indique, les personnes c’est-à-dire en situation de surpoids voire obèses. Pourquoi une telle discrimination ? Comment se manifeste-t-elle au quotidien ? Quelques éléments de réponse ainsi que quelques chiffres à travers cet article.

Une société où la minceur est reine

Depuis maintenant un siècle, la beauté est associée à la minceur voire la maigreur : il n’y a qu’à voir les mannequins défiler sur les podiums ou sur les affiches publicitaires ! Même s’il y a environ un an une loi française entrée en vigueur interdit l’emploi de mannequins trop maigres, nos sociétés modernes continuent de prôner la minceur voire même la maigreur. La tendance est donc en train d’évoluer (comme avec l’homophobie et le passage du mariage pour tous) mais cela prend du temps.

En attendant, outre les risques de santé dont peuvent souffrir les personnes en surpoids, s’ajoute à cela les mauvais regards, les préjugés voire les discriminations envers ceux et celles ayant des kilos superflus.

 Comment s’exprime la grossophobie ?

Des statistiques ont révélé que 94% des adolescentes en surpoids ont déjà subi des humiliations. Toutefois, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la grossophobie ne concerne hélas pas que la gente féminine. Les hommes en sont aussi victimes, bien que moins souvent. Ainsi 65% de garçons adolescents auraient eux aussi subis des cas d’humiliation par rapport à leur surpoids.

Avec l’essor d’Internet, il est facile d’être anonyme et de mettre des commentaires désobligeants sur la photo ou le blog d’une personne en surpoids : les “trolls” comme on les appelle sur le net ne lésinent pas sur les insultes envers les personnes obèses ou en surpoids par des appellations grossières voire même des incitations au suicide. Ce harcèlement sur le web est qualifié de “cyberharcèlement”. Un mode de harcèlement qui peut inciter certains individus à se mettre au régime, bons pour leur santé mais également les faire tomber dans l’anorexie, véritable maladie.

Autre exemple choquant : la recherche d’emploi. En effet, selon lemonde, près la moitié (45%) des demandeurs d’emploi sondés estiment acceptable le refus d’un emploi à quelqu’un à cause de sa corpulence dans certains cas. Parmi ceux-ci les hommes sont majoritaires (42% contre les femmes à 29%). De plus, un chômeur sur 10 estimait que le refus était acceptable dans toutes les situations. Cependant, on a bien affaire à une réelle discrimination, ce qui est parfaitement illégal. Au même titre que le sexe, le handicap, les convictions politiques ou l’orientation sexuelle par exemple, un recruteur n’a pas le droit de refuser une personne en raison de sa corpulence trop élevée. Même pour certains métiers physiques (ex: pompier), tant que le candidat réussit les épreuves, elle ne peut se voir refuser l’embauche même en étant obèse. Et pourtant 20% des personnes obèses au chômage auraient été discriminées à l’embauche, soit près d’un quart, ce qui est considérable.

Une discrimination qui s’explique par un raccourci fait par les employeurs: pour eux, l’obésité (ou le surpoids en général) est liée à une passivité ou un manque de volonté, deux défauts éliminatoires pour l’obtention d’un poste. Beaucoup d’employeurs ont ainsi des préjugés sur l’obésité sans chercher à comprendre d’où elle peut venir (hérédité, médicaments, maladie…). Les femmes seraient davantage discriminées à l’embauche pour leur poids que les hommes.

 

La lutte contre la grossophobie

 

Face à ce constat, plusieurs actions sont menées pour lutter contre la grossophobie. Un collectif intitulé “Gras politique” s’exprime à travers son site web et un manifeste. Ce dernier paru récemment (23 mai 2018) s’intitule “Gros n’est pas un Gros mot” et exprime comment la grossophobie se manifeste dans notre société. Il s’agit d’un ouvrage pédagogique pour mieux ouvrir les yeux sur ce type de discrimination afin de mieux lutter contre celle-ci. De plus, le terme “grossophobie” est récemment rentré dans le dictionnaire, nous apprend le collectif via son site dédié.

 

Par ailleurs, une campagne d’information et de sensibilisation s’est tenue dans la capitale au cours de la semaine contre les discriminations en décembre dernier. Concernant la grossophobie, ont été organisées une table-ronde et un défilé de personnes fortes. Des témoignages ont également été entendus. L’objectif principal était la sensibilisation à cette discrimination mais également la valorisation de la diversité des corps et montrer qu’il est possible d’adapter les vêtements tendance à toutes les tailles et que les œuvres des créateurs ne sont pas réservées qu’aux personnes minces.

 

 

 

 

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